La roue libre | La machine à coudre | La turbine hydraulique
En raison de son ancienneté, le savoir-faire stéphanois fut souvent au XIXe siècle le creuset de nombreuses inventions, certaines éphémères, d'autres ouvrant par contre des perspectives immenses, avec des répercussions nationales et internationales.
1ère étape : 1885 - Un outil de perçage
Jean FASANO (1848-1924) est un pionnier dans la fabrication des armes
de chasse. Il est le créateur de nombreuses machines-outils et de
méthodes modernes de fabrication. En 1885, il invente ainsi un outil
performant pour percer le métal. L'utilisation d'une roue libre
permettait de supprimer le mouvement de rotation alternatif de la mèche.
2ème
étape : 1897 - La bicyclette
Remarqué par messieurs MIMARD et BLACHON,
FASANO devient sous-directeur de la Manufacture française d'armes
et cycles de Saint-Etienne (Manufrance). A partir de 1897, profitant du
savoir faire de Mimard dans le domaine du marketing, l'invention de la
roue-libre sera appliquée à la bicyclette. Cette dernière
incorporera également deux nouvelles inventions de Fasano : le système
à deux chaînes et le changement de vitesse.
L'ancêtre de la perceuse : la technique du foret-outil
L'ouvrier armurier manoeuvre de la main droite, dans un mouvement de
va-et-vient, l'archet dont la corde est entourée autour de l'arbre
porte-foret (le mandrin). De la main gauche l'ouvrier maintient le plastron
(la conscience) contre son torse, et ainsi protégé, il appuie
avec l'ensemble de son corps sur le porte-foret. La main droite assure
le mouvement rotatif alors que la main gauche assure, avec le torse, à
la fois la pression et la précision. L'ancien système produisait
une double rotation de la mèche. La roue libre inventée par
Fasano permet un seul sens de rotation, la mèche étant immobile
lors du retour de l'archet.
Du foret-outil à la roue libre
Barthélémy
Thimonnier, né en 1793 à l'Arbresle (Rhône), suivit
une formation de tailleur d'habits. En 1825, il s'installa à Valbenoîte
(aujourd'hui commune de Saint-Etienne) et réfléchit à
une machine qui pourrait faciliter ses travaux de couture. En 1830, avec
Ferrand, ingénieur de l'Ecole des Mines de Saint-Etienne, il déposa
un brevet d'invention pour une machine à coudre, point de chaînette,
à un fil et une aiguille.
Malheureusement, il connut de nombreux déboires et, malgré de multiples efforts, ne parvint pas à diffuser son invention. Il faut dire que le principal handicap du point de chaînette est sa grande facilité à se défaire...
Il faut attendre les brevets de l'américain Elias Howe, en 1846, pour voir apparaître une machine à coudre à deux fils, une aiguille et une navette.
Machine à coudre, prototype
de Thimonnier (1793-1857)
pour son brevet du 7 avril 1830
Collection S.-A Thimonnier, musée
de la machine à coudre
Il n'empêche que c'est bien à Saint-Etienne, au coeur d'un véritable vivier d'ingénieurs, de techniciens et d'inventeurs, en relation étroite avec l'Ecole des Mines, qu'est née la première machine à coudre, pratiquement en même temps que le chemin de fer.
Benoît Fourneyron (St-Etienne 1802 - Paris 1867), ingénieur civil brillant sorti de l'école des Mineurs, fut attaché à l'exploitation des mines du Creusot. Il contribua à la création d'importants établissements métallurgiques. Beaunier lui confia l'avant-projet de la ligne de chemin de fer St-Etienne-Andrézieux.
En avril 1827, il présente une première turbine hydraulique d'essai de 6 CV (puissance sous une chute de 1,40 mètres) puis augmente sa puissance progressivement à 50 CV. Cette invention est en fait un perfectionnement des études de son professeur à l'Ecole des Mines, Claude Burdin, présentées à l'Académie des Sciences en 1824.
Le brevet
est déposé en 1832 sous le nom de "roue à pression
universelle et continue". La même année, Fourneyron fut
couronné par l'Académie des Sciences. La turbine est aussitôt
adoptée dans toute l'Europe, puis en Amérique.
En 1835, il conçoit les premières conduites forcées permettant la maîtrise de la "houille blanche". En 1850, Fourneyron s'installe au Chambon-Feugerolles pour perfectionner sa turbine et ouvre une fonderie. L'action politique de Benoît Fourneyron se traduit notamment par sa lutte contre la Compagnie des Mines de la Loire. En 1847, il fut candidat de la liste d'opposition du deuxième arrondissement de la mairie de Paris et fut envoyé à l'Assemblée en 1848 comme représentant de la Loire.
Benoît Fourneyron (1802-1867)
Buste en fonte - Etienne Montagny, XIXe s.
© 1996 / Ph. Chapelin / AVSE
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